mardi 17 janvier 2017

Parlons argent


Tiens, sur l'exemple de mon collègue Simon Sanahujas, je me fends d'un court billet pour montrer à quel point nous autres auteurs vivons dans le luxe le plus écœurant qui puisse se concevoir (parmi les huit personnes qui sont plus riches que la moitié la plus pauvre de la planète, il se trouve au moins 5 écrivains ! Ou pas...)

Je vais uniquement donner ici les revenus tirés de l'écriture que j'ai perçus en 2015 et 2016 mais je pense que je posterai chaque année un bilan de l'année précédente. 
Lesdits revenus concernent tout autant le domaine du jeu de rôle que celui de l'écriture littéraire et comprennent droits d'auteur, piges, émoluments pour la participation à des salons, etc. Le tout est livré net, c'est à dire après prélèvement AGESSA.

Commençons donc par l'année 2015, au cours de laquelle j'ai donc perçu 2.800 € de par mes activités d'auteur. 
Comme déjà évoqué, cette somme est un amalgame de nombreuses sources mais l'apport le plus élevé fut les droits d'auteur d'Hexagon Universe : le jeu et plusieurs suppléments étant sorti en 2014, j'ai donc touché la plus grosse partie des droits générés par les ventes de cette première année d'exploitation. Le reste se répartit entre droits d'anciens jeux et romans, avance sur droit des 81 Frères et diverses piges dans Casus Belli

Puis en 2016, ma plume m'a rapporté 1.835 € - soit près de 1.000 € de moins que l'année précédente.
Pourquoi un tel écart ? De nombreuses raisons l'expliquent : plus de temps consacré à l'écriture romanesque (notamment la Résurrection du Dragon), dont les droits ne tomberont que plus tard, et aucune grosse sortie jeu de rôle durant cette période (tout juste le suivi d'Hexagon Universe).
C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques du travail d'auteur : en général, on ne touche les fruits de son labeur que longtemps après avoir effectué le travail. Ainsi en 2016, j'ai beaucoup écrit mais il faut attendre que les projets sortent puis qu'ils génèrent des droits à percevoir (ou que ladite sortie permette le déclenchement du paiement en cas de forfait).

Comme vous le voyez, je nage dans un bain de pièces d'or tel Picsou, le canard milliardaire le plus célèbre de la planète !
Trêve de plaisanterie, on voit bien qu'il n'est pas évident de tirer un revenu décent d'une activité d'écriture - et sans doute ne suis-je pas le plus à plaindre. D'autant que si l'on rapporte ces sommes au nombre d'heures consacrées à la création, cela devient presque désespérant.
Pourtant, on continue - déjà parce que l'on ne peut pas s'en empêcher (écrire est un besoin) et ensuite parce que l'on espère toujours pouvoir améliorer cela. Construire sa carrière d'écrivain peu à peu et vendre de plus en plus, avoir le gros coup de chance qui fait d'un titre un best seller, céder un droit d'exploitation à la télévision ou au cinéma (je suis en pourparlers avec Tsui Hark pour les Chroniques de l’Étrange... Non, je déconne - hélas), etc.

Voilà, j'espère que ce petit exercice de transparence vous aura intéressé. Si cela peut vous rassurer, je devrais gagner un peu mieux en 2017 qu'en 2015 et 2016 grâce à quelques projets qui arrivent à maturité. Et dont je vous reparlerai en temps utile !
A bientôt, donc. 

4 commentaires:

  1. J'apprécie ce petit moment de vérité, c'est rare donc précieux ! Et ça donne une bonne idée de ce que peut rapporter la vie d'un auteur. J'imagine cependant qu'il est difficile de joindre les deux bouts avec une telle somme. Du coup cet article me laisse avec de nouvelles questions : doit-on en déduire que l'écriture est dans ton cas une sorte de "second job" (et donc que tu n'écris que dans les plages de "temps libre" que laisse le travail "alimentaire") ? Combien d'heures par semaine (à la grosse louche) penses-tu te consacrer à ce labeur si passionnant, mais peu rémunéré (pour voir l'investissement en temps par rapport à un boulot "classique" de 35h) ?

    Merci d'avance !

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    1. Hello.
      Alors en effet, j'ai un "vrai" travail qui fait bouillir la marmite et l'écriture s'exerce donc en dehors de ce job.
      En gros, je dois écrire au minimum 2 h par jour - week-end compris, parfois un peu plus le samedi et dimanche. Allez, mettons que j'écris entre 15 et 20 h par semaine.

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  2. Allez, si on moyenne à 15h/semaine pour 2k€ par an ... ça nous fait du 25 centimes de l'heure. On appelle ça un sacerdoce, à ce stade, non ?

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    1. Ben si je comptais que sur ça pour manger, je serais un sac d'os - c'est sûr !

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